Photo Myriam Dupuis

 
         
    ASSOCIATION POUR LA SAUVEGARDE DE LA BIODIVERSITE    
         
   

 

   
 
 

KAZIRANGA, le refuge du rhino indien - 29/09/2008

   
         
   
Le parc national de Kaziranga en Assam (Nord-Est de l’Inde) s’impose si l’on souhaite rencontrer le Rhinoceros unicornis indicus ou rhino indien. Kaziranga occupe un territoire de 430km² et a été créé en 1910 sur décision du gouvernement impérial britannique afin de protéger l’espèce dont il ne restait plus que 100 à 200 individus dans toute l’Inde. Un comptage effectué en 2007* estimait la population actuelle à environ 1900 individus dans le parc, soit 60% de la population totale des rhinocéros unicornes.
   
 
     
       
       
 
     
       
 
 

Sa peau épaisse ressemble à une armure et rappelle quelque ancêtre préhistorique. Son unique corne en kératine peut mesurer entre 20 et 50 cm. C’est par ces attributs que le rhinocéros unicorne indien mâle ou femelle se distingue de ses cousins africains, le rhinocéros blanc (Ceratotherium simum) et le rhinocéros noir (Diceros bicornis) qui, outre leurs gabarits plus imposants, ont eux deux cornes. Il est également un peu plus grand que ces cousins asiatiques : le rhinocéros de Java (Rhinoceros sondaicus) - en 2005**, on comptait 70 individus à l’état sauvage (Java, Vietnam) - et le rhinocéros de Sumatra (Dicerorhinus sumatrensis) qui a lui aussi 2 cornes -en 2005**, 300 individus dénombrés entre Java, Bornéo et la péninsule malaise-.

 
 

Cette population s’est reconstituée à partir de la douzaine d’animaux recensés à Kaziranga en 1908, rescapés de la chasse à outrance dont ils furent victimes. Si le succès à long terme de cette opération, qui aura tout de même pris un siècle est évident, il ne faut pas croire pour autant que le rhinocéros unicorne indien est sauver de tout danger d’extinction (classement UICN : EN), même si en 1985, le parc de Kaziranga a été inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. A quelques heures de voiture de Kaziranga, toujours en Assam, le parc national de Orang (78,82 km²) abrite également quelques dizaines d’individus mais c’est au Népal, dans le parc national de Chitwan que l’on peut voir la seconde grande colonie de quelques centaines de rhinocéros unicornes indiens. Malheureusement, il a désormais disparu du Pakistan et du Bangladesh.

   
     
     
     
     
     
     
     
     
 

Photo Myriam Dupuis

 

Six cents rangers et gardes forestiers oeuvrent à plein temps dans le parc de Kaziranga et se relaient dans les 135 postes de surveillance pour lutter contre le braconnage. En effet, la corne du rhinocéros indien, 100% de kératine, est encore l’objet de convoitise, tant pour la pharmacopée chinoise que pour les poignards moyen-orientaux (une corne se paie jusqu’à 15 000 US$). En 2007*, 18 rhinos ont été tués par les braconniers et 3 de plus entre janvier et avril 2008, dont un le 30/04/2008 : une mère piégée par les braconniers, morte de l’hémorragie qui a suivi la découpe de sa corne. Son petit d’un an, resté sans défense, a été la proie d’un tigre. Le repérage de l’animal est probablement fait par un villageois voisin du parc qui communique par téléphone portable les informations nécessaires aux braconniers. Le villageois est payé quelques centaines de dollars, le braconnier un peu plus, et l’intermédiaire final est sans doute celui qui bénéficiera le plus de cette opération. Difficile avec de faibles moyens d’enrailler un système qui perdure depuis si longtemps…

   
       
       
       
       
       
       
     
Photo Myriam Dupuis
 
       
       
 

Le « rangers’office » de l’entrée Sud du parc : un besoin de moyens modernes.

     
       
         
         
         
         
 
Kaziranga, bien que bénéficiant du statut de parc national, n’a pas aujourd’hui de moyens suffisants pour lutter efficacement contre les braconniers. Malgré un nombre important de rangers et les efforts de ces derniers, la lutte reste inégale. A titre d’exemple, environ 250 rangers sont concernés par un salaire minimum entre 22 et 30€/mois ; quant aux 400 rangers restants, ils reçoivent entre 90 et 150€/mois. Un ranger ayant une ancienneté de plus de 12 ans gagne 129€/mois et souhaiterait gagner 224€/mois… L’une des ressources du parc sont les touristes, mais il est vrai que Kaziranga reste encore éloigné des circuits touristiques qui préfèrent le Rajasthan (Ranthambore) ou le Madhya Pradesh (Bandhavgarh, Kanha). Tous ces parcs sont confrontés à la même poussée anthropique : les villages à l’orée des parcs ne cessent de rogner sur le territoire de ces derniers, réduisant ainsi l’habitat naturel des animaux sauvages au profit de l’élevage et de l’agriculture, générant des conflits entre les villageois et les animaux sauvages.
   
     
     
     
     
   

Cet herbivore qui peut peser entre 800kg et 2,5 t. est capable de courir sur de courtes distances à 55km/h. Il dispose d’une excellente ouïe, d’un très bon odorat mais a une mauvaise vue. Il vit entre 30 et 40 ans. Les mâles n’acquièrent leur maturité sexuelle qu’à partir de 9 ans alors que les femelles peuvent porter un petit unique à partir de 4-5 ans pour une mise à bas vers 6-8 ans, la gestation étant de 16 mois.

 
     
     
     
     
 
Photo Myriam Dupuis
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Photo Myriam Dupuis
 
       
       
       
       
 

La première maison du village se trouve à 150m de l’entrée Ouest du parc.

 

Les pêcheurs partagent la rivière avec les habitants du parc.

 

Les jacinthes d’eau ne sont pas une espèce endémique de Kaziranga et prolifèrent sur tous les plans d’eau.

   
         
         
               
           
           
 

Un autre problème menace Kaziranga : si 60% de la population totale de rhinos indiens est concentrée dans ce parc, qu’adviendrait-il en cas d’épidémie ? Qui plus est, n’y a-t-il pas un risque, à terme, de consanguinité ? Bien sûr, les opérations de déplacement d’individus vers d’autres parcs ont bien lieu (par exemple vers Orang), mais c’est alors le risque encore plus élevé de braconnage qui met en péril la vie des animaux…

   
     
     
   

Le petit reste auprès de sa mère jusqu’à 18 mois minimum, parfois plus longtemps, jusqu’à la prochaine mise bas. En moyenne, une femelle donne naissance à un rhinocéron tous les 3 ans. Le rhinocéros unicorne se plait dans les plaines et les marais ouverts, typiques de Kaziranga. C’est à l’aube ou au crépuscule que l’on a le plus de chance de l’observer

 
  Des solutions existent, encore faut-il en avoir les moyens, ce qui commence par la volonté de faire …    
 
Mieux équiper des rangers avec des technologies plus récentes (radios, jumelles de vision nocturnes, formations adéquates), éduquer les villages voisins en leur expliquant comment le tourisme peut améliorer leur situation et celle de leurs enfants dans la pérennité, créer des corridors entre les parcs afin que les populations d’animaux puissent se déplacer naturellement, comme elles l’ont fait depuis la nuit des temps, assurant ainsi le nécessaire brassage génétique…
   
     
     
     
     
     
 

Gageons qu’il n’est pas trop tard. TENDUA vous tiendra informés de ses projets sur l’Inde.

   
 

Myriam Dupuis

   
       
 

2007* : source : office des rangers du parc national de Kaziranga

 
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2005** : source : estimation de février 2005 de l’International Rhino Foundation

 
 
       
       
     
 
 
Tigre du Bengal -  Panthera tigris tigris (auteur : Myriam Dupuis)
 
 
 
     
 
         
 

« DANS L'OEIL DE LA BALEINE  »

 
 
       
 

     J’ai longuement rêvé de ce voyage au bout du monde : Rurutu, 22°26’ de latitude Sud, 151°21’ de longitude Ouest, une île presque perdue de l’Archipel des Australes en Polynésie Française, à la rencontre des baleines à bosses, Megaptera novaeangliae, ces géantes mystérieuses et imposantes de l’Hémisphère Sud.

   
     
     
       
 

     Dimanche 9 septembre : j’atterris à Rurutu, après un Paris-Los Angeles-Papeete de presque 24h, suivi d’une brève escale de 4 heures à Tahiti, avant de reprendre un avion partant pour les Australes : Tubuai, puis Rurutu (1h30 de vol). Nager avec les baleines à bosses se mérite…L’accueil est assuré par l’équipe du Rurutu Lodge : Bertrand et Yves. Tout de suite, le ton est donné : les baleines sont là, plusieurs mères ont mis bas et elles prennent soin de leur baleineau avant de reprendre la route vers le Pôle Sud. L’une d’elle permet même que l’on s’approche au plus près. Malheureusement, l’arrivée en fin d’après-midi ne permet pas de mise à l’eau. Il faudra attendre le lendemain. Enfin, pas tout à fait car depuis la plage du Rurutu Lodge, ça y est, je le vois à l’horizon : le souffle de la baleine, un petit geyser au-dessus de sa tête ! Je n’imaginais pas que cela soit visible d’aussi loin ! Je fais un vœu : qu’elles soient là demain et que l’on puisse s’en approcher…

   
     
     
     
     
     
     
     
     

A l’horizon, le souffle d’une baleine

 
 
 

Lundi 10 septembre : pas de problème pour se réveiller à l’aube, entre l’excitation de cette rencontre pour laquelle j’ai parcouru la moitié du globe et le décalage horaire (+12 h). Tout le monde est prêt à l’heure avec ses palmes, masque et tuba. Pas de plongée bouteille car les baleines fuient les bulles qui les dérangent. Eric assure le ramassage matinal avec le Land Rover du Raie Manta Club qui récupère, dans les différentes pensions de l’île, ceux qui, comme moi, espèrent bien concrétiser leur rêve de baleine.

Ce matin, il y aura 2 bateaux et nous partirons du port de Moeraï. Les bateaux sont polynésiens : des « poti marara », ce qui signifie « bateau volant ». Ils sont utilisés pour la pêche et sont équipés d’un poste de pilotage à l’avant, d’un moteur de 200CV pour 8 m de long environ et arborent des couleurs pimpantes. Nous faisons connaissance avec les capitaines Dominique, Adrien et Pierre qui assureront, à eux trois, nos sorties bi-quotidiennes.

 
   
   
   
   
   
   
   
   
   
 

Les eaux de Rurutu n’abritent aucun prédateur pour les baleines et en cas de tempête, elles peuvent se reposer d’un côté ou de l’autre de l’île.

Il y a beaucoup de vent, ce qui promet un peu de mer, mais il fait beau, à défaut de faire réellement chaud. Une combinaison de 5 mm, et pour les plus frileux, le capitaine met à disposition de vrais cirés jaunes de marin. Discussions entre marins et nos guides : on a vu les baleines ce matin du côté du belvédère, près de Moeraï justement. On monte à bord, 6 maximum par bateau, accompagnés de Yves ou d’Eric et nous voilà partis ! Yves s’assied en hauteur à l’avant à côté de Pierre et nous nous installons au mieux, scrutant déjà l’horizon pour apercevoir un souffle de baleine.

 
   
   
   
 
     Les consignes données par Yves à notre départ sont simples : il n’est, bien sûr, pas question de sauter dans l’eau mais au contraire il s’agit de se laisser glisser le plus silencieusement possible du bateau dès qu’il nous en donne le signal, après avoir repéré l’animal et estimé que cela ne présentait aucun danger. Interdiction de se trouver à la queue de la baleine car celle-ci pouvant déployer la force d’un moteur de 500 CV, cela représente un véritable danger pour les minuscules plongeurs que nous sommes, sans compter que cela peut être ressenti comme une menace par l’animal. Chaque palanquée se mettra à l’eau à tour de rôle afin de déranger le moins possible la baleine. Reste à trouver l’animal…Les embruns n’aident pas vraiment et les nuages qui s’amoncellent nous font croire que nous sommes plus en Bretagne que sous les Tropiques ! Une heure déjà vient de passer ; certains ont pâli à cause de la houle, tout le monde est mouillé… et tout à coup « BALEINE à bâbord! » ! – Où, où ? » et Yves de traduire en anglais, puis en japonais pour le couple qui nous accompagne. Ca y est, on la voit : elle est là, son baleineau juste à côté.

Les bateaux se rapprochent avec beaucoup de précaution. Nous espérons tous que l’animal ne va pas sonder, mais non, elle reste là, presque placide, à une trentaine de mètres du bateau. Tout le monde photographie la maman et son petit qui, vus de notre embarcation, nous feraient plutôt penser à deux sous-marins en train d’émerger…Plus question de traîner : il faut chausser les palmes et les rejoindre. C’est une mère de 17m avec son baleineau qui doit avoir 3 semaines. Il mesure quand même presque 5 m et doit peser 1,5 tonnes. Elle est arrivée à Rurutu depuis plusieurs semaines et doit peser maintenant environ une vingtaine de tonnes. Au total, c’est 1/3 de son poids qu’elle aura perdu durant son voyage-jeûne dans les eaux plus chaudes de Polynésie jusqu’à son retour en Antarctique, où elle pourra enfin se régaler de krill.Le moment est venu ; j’enjambe le bastingage et essaie de me glisser au mieux dans l’eau à 22°C tendant le bras vers Pierre qui me passe le caisson. Je vais pouvoir m’essayer aux joies de la photo sous-marine et qui plus est, avec un modèle de choix ! Mais comment l’aborder ?? je me rends compte que mesurant à peine 1,60m, j’ai à faire à 10 fois plus grande que moi !

J’entends bien Yves me dire de nager à la tête de la baleine, mais je ne maîtrise pas encore parfaitement toutes les subtilités du palmage en compagnie d’une baleine. Je dois reconnaître qu’elle est une merveilleuse ambassadrice du monde des mégaptères. Mes premières photos sont timides et respectent une distance additionnant la sécurité et une certaine crainte face à cette géante des mers. Puis je m’enhardis et je m’approche, le masque collé au viseur du caisson. Je ne suis plus qu’à 5 m d’elle. Son baleineau semble poser sur sa tête. C’est ainsi que cette mère attentive aide son petit à respirer. Il sera bientôt en mesure de faire des apnées de plusieurs minutes ; en attendant, maman est là. Il me semble ressentir toute la tendresse de cette mère pour son rejeton totalement dépendant d’elle. Du bout de son nez - si on peut parler de nez…-, elle le pousse régulièrement vers la surface et accompagne son retour sous l’eau. Les nageoires pectorales du bébé mesurent déjà près d’1m, mais il ne sait visiblement pas encore s’en servir et elles pendent de chaque côté de son corps. C’est un moment magique. Elle sait que nous sommes là, mais ne semble visiblement pas inquiète. Quel âge peut-elle avoir ? Combien de fois est-elle déjà venue à Rurutu pour donner naissance à la génération suivante ? Les marques sur son corps semblables à des trous sont dues aux morsures des squalelets féroces (Isistius brasiliensis) qui remontent des profondeurs et attaquent les baleines en leur arrachant un morceau de peau, laissant ces vilaines et sans doute douloureuses cicatrices.

 
 
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
   

Les Baleines à bosse se partagent l’hémisphère Sud et l’Hémisphère Nord. A Rurutu, les femelles donnent naissance à leur petit, nourrissent leurs jeunes jusqu’à ce qu’ils soient assez forts pour leur longue migration vers le Pôle Sud en octobre/novembre.

 
     
     
     
     
   
 
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
   

Ces magnifiques créatures mesurent en moyenne 16m de long et pèsent environ 40 tonnes. Les mères témoignent d’une grande tendresse pour leur baleineau.

 
     
     
     
 
 

     Nous avons la chance de nager autour d’eux pendant plus d’une heure. Cela crée des liens et c’est à regret que nous devons les quitter, mais beaucoup d’entre nous ont froid et il est temps de rentrer. Sur le chemin du retour, tout le monde exprime son émerveillement et l’excitation brille dans tous les yeux : il y a ceux qui ont eu peur, ceux qui se sont approcher au plus près, laissant à la baleine le soin de les éviter…J’ai pu observer la scène en question : un nageur téméraire (ou imprudent) s’est retrouvé tout près de sa nageoire pectorale qui mesure environ 3m. La baleine a su éviter de quelques centimètres ce nageur malhabile. Si elle n’avait pas fait preuve de cette dextérité, je pense que notre plongeur n’aurait pas fait le poids face à la pectorale… C’est un sentiment de joie profonde qui m’anime après ce moment de partage avec l’un des plus gros mammifères du monde. De la joie, mais aussi de l’émerveillement face à cette douceur, cette tendresse, cette harmonie qui émanent d’elle. Comment peut-on encore tuer ces animaux aujourd’hui ?? Je n’ai qu’une envie : y retourner au plus vite. La pause-déjeuner est assez courte puisque nous repartons vers 13h45 pour la deuxième sortie de la journée. Ceux qui étaient là ce matin sont au rendez-vous de l’après-midi, racontant aux nouveaux arrivants leur expérience inoubliable de la matinée. Tout le monde espère bien revoir cette baleine-là : on l’a appelée Motu car sa nageoire dorsale (qui permet, avec la caudale, l’identification chez les cétacés) est abîmée, comme si elle avait été mordue ou coupée. Il fait beau cet après-midi, la mer est calme et nous retrouvons Motu et son petit quasiment là où nous les avions laissés. Là encore, nous glissons dans l’eau à tour de rôle, bateau par bateau, mails il y en a 3 cette fois.

 
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
     
 
Sa nageoire dorsale – qui permet, avec la caudale, l’identification chez les cétacés) a été mordu ou coupée.
   
     
     
 

Quand notre tour arrive, je me sens plus à l’aise que ce matin. J’ai une idée en tête ; je ne sais pas si je pourrais ou si je saurais faire, mais c’est maintenant ou jamais : je veux photographier l’œil de la baleine. Motu a la gentillesse de ne pas beaucoup bouger. Je m’approche en palmant, la tête de Motu grossit dans mon viseur. Je ne suis plus qu’à un peu plus de deux mètres d’elle. Son œil est au centre de mon viseur, il est fermé. Très lentement, Motu ouvre son œil. Je ne pensais pas que les baleines battaient elles aussi des paupières... C’est là encore un sentiment de communion avec elle qui m’envahit et je me surprends à lui parler, comme si nous étions déjà des amies. Comment me voit-elle ? Je ne suis peut-être qu’un drôle de petit animal avec un œil énorme : le hublot du caisson !

On dit des humains que leur regard est le reflet de leur âme. Il m’a semblé, en regardant Motu dans l’œil, apercevoir chez elle l’âme de la Baleine…

Cet après-midi magique se termine après trois mises à l’eau pour chaque groupe. Nous sommes aux anges et en oublions notre fatigue. Vivement demain !

 
 
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
 

J’ai eu la chance de sortir en mer presque tous les jours, soit de Moeraï, soit d’Avera. J’ai vu comment notre baleineau apprenait à maîtriser ses pectorales et comme il s’émancipait de sa mère. Toutes ces sorties ont été magnifiques, chacune avec ses particularités et son lot d’aventures, certaines plus physiques que d’autres, notamment à cause des conditions météorologiques : pluie, vent, houle, creux de 3 m dès la sortie du port…mais tous les rendez-vous ont été honorés et les baleines présentes. A ma dernière sortie en mer, elles m’ont offert un cadeau d’au revoir : deux mâles courtisent une femelle avec moult bulles (rien à voir avec celles d’un détendeur…) et l’un d’eux se met à la verticale au-dessus de sa dulcinée, à une vingtaine de mètres de profondeur et tout à coup, il se met à chanter

Mon séjour à Rurutu a duré 12 jours. J’ai pu découvrir les autres charmes de l’île et la luxuriance de sa végétation : café, mangues, ananas, taro (tubercule polynésien très apprécié localement), litchis, papayes, citrons, pamplemousses, oranges, piments, fleurs, tout y pousse. Quelques belles randonnées dans les grottes habitées de stalactites et stalagmites sont à faire que l’on termine parfois en voiture car les Rurutu s’arrêtent volontiers pour les auto-stoppeurs, et l’île est plus grande qu’elle n’y parait. C’est une nature rustique mais généreuse. J’espère bien que le vent me poussera de nouveau vers les eaux de Rurutu. C’est là que j’ai pu réaliser mon rêve de baleine : nager assez près d’elle pour plonger dans son regard…

   
   
Dans l'oeil de la baleine...
 
   
 
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
       
 
     
   
   

L’arbre à baleine annonce par sa floraison l’arrivée de s baleines à bosse à Rurutu et fleurit jusqu’à leur départ en octobre/novembre.

   
Les baleines à bosse chantent les mélodies les plus complexes du royaume animal : plusieurs thèmes organisés dans un ordre particulier pour un chant qui peut durer 30min que le mâle reprendra encore et encore pendant des heures, voire des jours. On suppose que ce chant attire les femelles ou permet de signaler un territoire ou d’éloigner les autres prétendants.
 
         
         
         
           
   
Le taro est un tubercule polynésien très apprécié localement et est cultivé de façon familiale dans des champs.
     
         
         
         
         
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Myriam Dupuis, 15/11/2008 .
     
 

 
 
 
Aujourd’hui, la chasse commerciale aux grands cétacés est interdite. Certains pays tels que la Norvège, l’Islande et le Japon cependant souhaitent la reprendre.
   
     
 
Exprimer votre opinion pour ou contre la pêche à la baleine  : http://www2.mnhn.fr/cetaces/index.php
     
 
     
         
 
Tigre du Bengal -  Panthera tigris tigris (auteur : Myriam Dupuis)
 
         
     
 
         
 

« Loup, y es-tu ? M’entends-tu ? Que fais-tu ?»

 
 
 
LE LOUP GRIS COMMUN EN FRANCE
   
       
 

Article du 13 mai 2009

   
       
 

Le retour du loup

   
 

En novembre 1992, lors d’un comptage de chamois dans le Mercantour (Alpes de Haute Provence), on a observé, grâce aux relevés d’indices de présences (carcasses et excréments), l’arrivée des deux premiers loups gris communs (Canis lupus lupus) en France, vraisemblablement en provenance d’Italie où se trouvait une population protégée depuis 1973. Dès 1993, un protocole de suivi des populations a été établi dans le Mercantour, puis avec l’extension géographique de la zone de présence du loup, dans plusieurs départements recouvrant l’arc alpin français.

   
     
     
     
     
 

Ce suivi, coordonné aujourd’hui par le réseau grands carnivores loup-lynx-ours (ONCFS), repose sur la collecte d’indices de présence. L’analyse au microscope des macro-restes (os, poils, plumes, végétaux) non digérés retrouvés dans ces excréments permet de déterminer le régime alimentaire du loup, et d’évaluer son impact sur la faune sauvage ainsi que sur les populations d’ongulés domestiques. Seul le typage génétique permet de différencier avec certitude les excréments de loup des excréments de renard, de chien, de lynx ou de tout autre animal.

   
     
     
   
Les meutes de loups varient du simple couple à la douzaine d'individus.
 
     
 
 
Le taux de croissance moyen de 1996 à 2008 a été de l’ordre de 15%, ce qui est faible pour une population de loups en expansion. Un taux davantage conforme serait de 20 à 30%, qui aurait alors porté la population de loups en France à un chiffre entre 250 et 500 en 2008, en partant de 60 individus en 2000. Ce taux est inférieur à 15% si l’on ne prend en compte que la période 2000-2008 (source V. Fignon pour FERUS, avril 2009).
 
   
   
   
  Aujourd’hui, on considère que la première cause de surmortalité en France est liée au braconnage par tirs et empoisonnements : au moins une centaine de loups ont été éliminés illégalement depuis 2000, soit en moyenne plus de 10 par an, mais la réalité peut atteindre quelques dizaines certaines années. Depuis 2001, plus de 100 loups ont été également tués par collision.  
   
   
 

 
 

Morphologie et spécificités

 
 

Le loup pèse entre 25 et 50 kg, il est un bon nageur et un meilleur coureur encore : sa vitesse de pointe atteint 45- 50 km/h et il peut parcourir plus de 60 km en une nuit. Sa morsure atteint une pression de 150 kg/cm², soit le double de celle d'un gros chien. Sa morphologie lui offre un angle de vision à 250° (180° chez l'homme). La nuit, les yeux du loup paraissent phosphorescents car ils sont tapissés d'une couche de cellules qui lui permettent de voir aussi bien que le jour.

Son ouïe lui permet d'entendre des sons jusqu'à 40 kHz (20 kHz chez l'homme), il perçoit notamment d'autres loups hurler jusqu'à une distance de 6,4 à 9,6 km .
 
   
   
   
   
   
   
   
 

 

 
  La meute, modèle social du loup  
   
Les loups vivent en meute. La meute est composée au minimum de deux individus, un mâle et une femelle qui vont former le couple dominant alpha et d’une ou plusieurs générations de louveteaux, formant ainsi une famille complexe où s’établissent des rapports de domination ou de soumission. Les jeunes restent avec leurs parents assez longtemps pour faire l’apprentissage de la vie sociale et de la chasse. Les jeunes loups quittent ainsi leur meute natale entre 9 et 36 mois
 
   
   
       
       
 
Chaque loup connaît sa place dans la meute, mais des différences de tempérament, de condition physique, d’expérience, ainsi que la maturité sexuelle peuvent influencer l’ordre de la hiérarchie. Une nouvelle meute se forme lorsque deux loups dispersants se rencontrent et disposent d'un territoire approprié (i.e. où la nourriture est accessible et suffisante) pour fonder une nouvelle famille. Le mâle alpha a le privilège de décider la chasse et de se nourrir en premier sur les proies, c'est également lui qui ordonne la poursuite d'un intrus sur le territoire. Enfin, c'est lui seul qui se reproduit avec la louve alpha à la saison des amours (bien qu'il y ait des exceptions). Lorsqu'un alpha est trop vieux, c'est l'un de ses subalternes qui lui dispute la place de leader et la prend s'il réussit à le dominer.
 
 
     
     
     
     
     
     
     
 

En Europe, la taille des meutes varie du simple couple à la douzaine d'individus. Néanmoins, des meutes de 40 à 50 loups ont été observées en Amérique du Nord. La taille des meutes dépend de la taille du territoire qui dépend elle-même du nombre de proies. Elle varie également selon la période de l'année : les principaux facteurs en sont la mortalité et les dispersions. En effet, certains loups décident de quitter la meute ou sont bannis après avoir échoué lors d'un conflit. Des tensions peuvent naître pour plusieurs raisons : quand la nourriture se fait rare et peu disponible (surtout à la fin de l'hiver), pour pouvoir s'accoupler (en hiver de la fin février à la mi-mars) ou tout simplement pour dominer les autres loups.

   
     
     
     
     
     
 

Pour des animaux sociaux comme les loups, la vie en meute présente plusieurs avantages :

   
 
  • Une chasse plus efficace qui permet d’attaquer des proies plus grandes qu’eux comme le cerf élaphe (Cervus elaphus) , l’élan d’Amérique (Alces alces) ou le bœuf musqué (Ovibos moshatus) (Arctique) ;
  • La protection des louveteaux, leur éducation et l'initiation aux rudiments de la chasse par le jeu - la meute est une véritable nurserie où chaque membre prend soin des petits ;
  • Le fait que seul le couple Alpha se reproduise empêche la prolifération de loups sur un territoire ; de plus, si la nourriture manque, les loups peuvent ne pas se reproduire chaque année.
 
assurance et domination
 
   
oreilles droites et queue dressée
 
       
       
       
       
 
  La reproduction  
 

Le loup mâle atteint sa maturité sexuelle à 3 ans et la femelle à 2 ans. La saison des amours a lieu, selon les régions, de janvier à mars. Les louves subissent une castration psychologique de la part de la femelle alpha, laquelle se montre très agressive durant cette période. Le mâle alpha l’est moins envers ses congénères, ce qui n'empêche pas des combats parfois violents d'avoir lieu. Bien que généralement seul le mâle alpha s'accouple, les autres mâles essaient aussi de s'accoupler avec la femelle alpha. Le mâle alpha essaie alors de s'interposer, mais il peut arriver que certains de ses subordonnés arrivent à leurs fins. Il y a alors compétition spermatique : les louveteaux d'une même portée peuvent avoir des pères différents. Au terme d'une gestation de 61 à 63 jours, la femelle met donc bas entre mars et juin. Les portées comptent trois à huit louveteaux pesant de 300 à 500 grammes. Ils sont aveugles et sourds pendant les deux premières semaines de leur vie. Puis, dès la troisième semaine, ils sortent de leur tanière pour explorer le monde qui les entoure. Après avoir été allaités par leur mère, ils passent peu à peu à une nourriture solide prédigérée et régurgitée par les adultes. Le sevrage a lieu progressivement.

 
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
 

A partir de 6 semaines, les jeunes participent à des jeux sociaux, au cours desquels s'établissent les bases de la hiérarchie entre les jeunes. Au sein de la meute, les jeunes sont en bas de cette hiérarchie : ils s'approchent des adultes dans des postures de soumission (position rampante, tête baissée, regard détourné, oreilles aplaties et gueule fermée). Ils font aussi l'apprentissage de la chasse, vers l'âge de 6 mois. Près de la moitié des jeunes meurent dans leur première année, des suites d'un combat, d'un accident de chasse, de leur inexpérience, de maladies ou encore victimes de prédateurs (ours, lynx).

 
   
   
   
   
   

La communication

 
   

Les loups sont dotés d’un système de communication complexe constitué d’un code gestuel et de vocalisations pour faire connaître leurs états et leurs intentions.

 
       
 

Attitudes et postures

     
  Les loups adoptent des postures et des mimiques qui traduisent leur état. Elles concernent principalement la face (oreilles, babines,...) et la queue.  
 
 
 
 
       
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
       
     
     
 

Loup soumis

 
Intimidation et début d agressivité
 
Attention et peur
 
 
Tête et queue basses
 
Oreilles baissées et babines retroussées
 
Oreilles dressées et queue entre les pattes
 
 

Vocalisations

     
 

Les scientifiques sont parvenus à distinguer 5 types d'émissions sonores auxquels correspond une fonction sociale. Il y a ainsi le grondement (menace), l'aboiement (signal d'un danger), les jappements et les plaintes (jeu, affection), et bien sûr le hurlement. Les hurlements, des sons de basses fréquences, se propagent bien dans l’air et peuvent s’entendre à plusieurs kilomètres. Ce dernier est particulièrement important pour la meute. On pense que les loups hurlent pour se localiser, défendre leur territoire en prévenant les meutes voisines, se retrouver, se saluer, maintenir une cohésion dans le groupe ou encore pour rallier la meute avant la chasse.

 
   
   
   
 

Leurs gémissements avertissent également les loups aux alentours de la présence de la meute, afin de prévenir contre les intrusions. Tout comme les gémissements, les hurlements sont composés de plusieurs harmoniques ce qui donne l'impression que la meute qui hurle est beaucoup plus nombreuse qu'elle ne l'est réellement. Il arrive parfois qu'un loup solitaire hurle pour se signaler à un conjoint potentiel. Chaque loup a une fréquence vocale distinctive.

 
 

Parler par les odeurs 

 
 
 
 
Le loup utilise son odorat comme outil de communication externe grâce à ses glandes faciales, pré-caudales, périnéales, anales et sous les coussinets des pattes. Ces glandes secrètent des odeurs particulières qui expriment l’état émotionnel de l’animal (peur, agressivité...). Il utilise ainsi des marquages au sol tel que l'urine ou les excréments ou encore une sécrétion des glandes anales qui remplit uniquement cette fonction. Ces sécrétions sont identifiables par n'importe quel loup. Les loups se frottent aussi entre eux, et les odeurs assurent la cohésion du groupe, tout en repoussant les étrangers. Ces marquages servent à délimiter son territoire ainsi qu'à donner des renseignements sur son état (période
   
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
   
Loup dominant marquant sa nourriture
 
loup en plein marquage olfactif avec ses glandes faciales
 
             
 
de reproduction, allaitement…). En outre, ses facultés olfactives lui permettent de distinguer l'odeur de ses congénères et de détecter un animal à 270 m contre le vent et il peut sentir un homme à 2km en moyenne, en fonction des conditions climatiques.
 
 

La prédation

     
 

Le loup est situé au sommet de la chaîne alimentaire. En conséquence, il ne saurait pulluler, puisque sa densité de peuplement est toujours en étroite corrélation avec l'abondance des proies : trop nombreux, les loups risqueraient de faire disparaître le gibier dont il tire sa subsistance. Cette place de prédateur supérieur lui confère un rôle essentiel d'épurateur et de régulateur des équilibres naturels, car il s'attaque aux animaux malades (endiguement des épidémies), aux jeunes malformés (sélection naturelle) ou imprudents, ou aux vieux animaux. Il contribue ainsi au développement de populations animales saines. La chasse a lieu exclusivement sur le territoire de la meute. Des scientifiques ont observé des loups arrêtant leur chasse car l'animal poursuivi avait pénétré sur le territoire d'une autre meute.

 
 
 

Le régime alimentaire du loup varie à la fois en fonction des différentes régions du monde qu’il habite, mais aussi en fonction de la présence d es ressources alimentaires qui varient selon la période de l'année considérée. En été, le gibier est suffisamment abondant pour que le loup soit moins dépendant de la présence de grands mammifères. Il peut alors chasser seul des proies de petite taille et présente un régime alimentaire plus varié : lièvres, lapins, rats, grenouilles, poissons, et même fruits. En revanche, en hiver les proies se font plus rares. Aussi la présence de grands ongulés sauvages (mouflons, chamois, chevreuils, cerfs, bouquetins, sangliers, cervidés pour les pays européens) est-elle nécessaire à la survie de la meute. Contre des proies de cette taille, il chasse en meute, ce qui augmente ses chances de réussite, et de nuit.

 
   
   
   
   
   
   
 

Dans le Mercantour, des mouflons (Ovis musimon) ont été introduits dans les années 1950 afin d’assurer du gibier aux chasseurs. Les mouflons du Mercantour constituent donc une espèce déplacée. En 1990, peu avant que l’on ne constate le retour du loup en France, les deux vallées du Mercantour comptaient environ 360 mouflons vivant en troupeaux de 50 individus. Ces animaux n’étaient pas particulièrement peureux, mais ils n’étaient pas adaptés à cet environnement neigeux en hiver. Le mouflon ne monte pas au-delà de 1500m d’altitude alors que le chamois peut monter beaucoup plus haut, jusqu’à 3000m (on en compte environ 12000 sur les 60000ha du parc du Mercantour). L’espèce a donc été super-prédatée par le loup. En 2008, on estime que la population d’environ 80 mouflons est aujourd’hui stable : ceux qui survivent se sont en fait adaptés à cet environnement et à la prédation. Les mouflons représentent 94% du régime alimentaire des loups de la région, notamment pour la meute de Meulière qui compte 6 loups à ce jour et se déplace sur un territoire estimé à 65 km².

 
   
   
   
   
   
   
   
   
 

Pour satisfaire ses besoins physiologiques, le loup doit manger globalement entre 2 et 3 kg de viande quotidiennement. Mais il est capable d'ingurgiter jusqu'à 8 kg de nourriture en une seule fois, pour pallier aux périodes où il ne se met rien sous la dent (les loups sont capables de jeûner pendant plusieurs semaines).

 
   
   
   
  Loup à l'affut  
  « Les loups craignent l’homme pour des raisons évidentes, l’homme, lui, a peur du loup par malentendu. » John Theberge  
 

Pour en finir avec le Grand Méchant Loup ...

 
 
 

En Europe, tous les moyens ont été utilisés pour éradiquer le loup : chasses à courre, battues, pièges, empoisonnements, massacres de louveteaux à la tanière ...

  • 813 :Charlemagne crée en France la Compagnie de la Louveterie dont l’objectif est l’élimination des nuisibles : sangliers, renards, blaireaux, loutres et loups.
  • Fin du XVIII ème siècle, la population française de loups est de l’ordre de 10 à 20 000 individus.
  • A u début du XIX ème siècle, 5 à 7000 loups sont encore présents dans près de 90% des départements français. En moyenne, 1400 loups sont encore éliminés chaque année.
  • En 1882, les primes allouées sont fortement rehaussées. Elles sonnent définitivement le glas pour le loup en France. En quelques dizaines d'années, le loup n'est plus signalé que dans la moitié des départements français. Outre le poison, le fusil et les primes, la déforestation est une cause importante de l'éradication du loup en France, à l'origine notamment de la disparition de ses proies naturelles. A cette époque, les populations rurales augmentent régulièrement et des défrichements sont effectués, ce qui diminuent les territoires des loups et de leurs proies, ainsi que les corridors entre ces territoires.
  • M algré le répit accordé par les guerres de 1870 et de 1914-1918, le loup a quasiment disparu au début du XX ème siècle. Il semble que les deux derniers loups ont été tués en France en 1942.
   
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
 

Depuis le retour du loup en France, les peurs se sont ravivées. Si notre civilisation occidentale, bercée par les métaphores du Christianisme désignant le loup comme représentant l'Ennemi du Bon Pasteur en charge des Agneaux de Dieu, et ainsi, justifiant des massacres dont l’animal a été la victime, d’autres civilisations, amérindiennes ou sibériennes, tournées vers le chamanisme, reconnaissent de grandes vertus au loup. Ainsi, les Yakoutes de Sibérie Orientale conseillent de prendre le loup pour ami, car lorsque l’on se trouve de l’Autre Côté, il est le seul qui connaisse l’ordre de la forêt…Quant aux Indiens d’Amérique, c’est pour eux un grand privilège que d’avoir pour frère le loup et d’être protéger par son esprit. L’enseignement amérindien nous explique que le loup est très attentif aux moindres changements de son environnement et il nous enseigne à faire de même et à nous fier à notre instinct, devenant de fait notre guide tutélaire.

 
 

Certains scientifiques estiment que la structure sociale des loups est plus proche de celle de l’homme que celle des singes. Les loups passent beaucoup de temps à jouer et ils ne cessent de communiquer. Les observer ne peut que nous sensibiliser aux valeurs les plus nobles que l’on trouve dans le cœur des hommes : ils nous rappellent cette tendresse à laquelle nous aspirons, la loyauté dont nous aimerions être entourée et la curiosité qui nous fait avancer. Le loup est aussi et avant – ou après tout cela, encore et encore, et malgré tout ce que l’homme lui a fait ….- le symbole de la liberté, sans doute la plus haute des aspirations de l’être humain qui pourtant tolère mal ce qu’il ne peut dominer….

 
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Par arrêté interministériel du 27 mai 2009, publié au JO du 29 mai, le loup a été retiré des espèces de vertébrés protégées et menacées d’extinction en France. Cette liste comprend des espèces au bord de la disparition comme l’ours, le grand hamster, le vison d’Europe, la pie à grièche à poitrine rose ou l’esturgeon. Depuis sa réapparition en France en 1992, le loup est en progression : on estime à 180 le nombre de loups en France. Bien que bénéficiant toujours d’un statut de protection intégral, les dérogations pour les abattre seront désormais délivrées par les préfets de département.

 
 

" Nous n'avions pour eux aucune haine. Ils faisaient métier de loups comme nous faisions métier d'hommes. Ils étaient créatures de Dieu. Comme nous. Ils étaient nés prédateurs. Comme l'homme. Mais ils étaient restés prédateurs, alors que l'homme était devenu destructeur. "        Paul-Emile Victor

 
  Photos: Myriam Dupuis ©      
         
 
ASSOCIATION TENDUA - 9, RUE STANISLAS - 75006 PARIS - FRANCE
     
 
EMAIL: myriamdfr@yahoo.com